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A Propos du Silence sur le Cameroun et l’Esclavage Transatlantique

Dernière mise à jour : 16 sept.

Le silence au Cameroun sur l’esclavage transatlantique semblait profondément enraciné. En 2010, il n’y avait pas de souvenirs patrimoniaux officiels dans le pays pour commémorer les vies perdues à cause de l’esclavage transatlantique ou de l’esclavage transsaharien, qui avaient, tous deux, affecté le Cameroun de manière délétère.

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Il est à noter que jusqu’en 2010, les discours publics au Cameroun sur son passé historique avant le colonialisme parlaient beaucoup de sa riche histoire précoloniale, mais curieusement pratiquement rien sur l’esclavage transatlantique dans ses récits officiels.

Le silence du Cameroun sur l’esclavage transatlantique était perceptible par rapport aux discours publics de certains autres pays africains qui avaient également été ravagés par l’esclavage transatlantique. Le Sénégal, la Sierra Leone, le Ghana, le Bénin, le Nigéria, le Gabon et d’autres pays africains se sont longtemps engagés, après leurs indépendances, dans des discussions plus ou moins vigoureuses sur l’esclavage transatlantique et son impact persistant sur leurs cheminements respectifs.

Parmi ces pays africains, l’on peut citer le Ghana, le Bénin, la Sierra Leone, le Nigéria, l’Ouganda, la Tanzanie et le Sénégal. Alors que ces pays africains et d’autres étaient profondément plongés dans des conversations sur l’esclavage transatlantique et ses effets néfastes à long terme sur les ressources sociales, économiques, politiques et humaines sur l’Afrique dans sa globalité, bien que ces conversations furent douloureuses, le Cameroun semblait être muet.

Le silence au Cameroun sur l’esclavage transatlantique semblait profondément enraciné. En 2010, il n’y avait pas de souvenirs patrimoniaux officiels dans le pays pour commémorer les vies perdues à cause de l’esclavage transatlantique ou de l’esclavage transsaharien, qui avaient, tous deux, affecté le Cameroun de manière délétère. Pour une diaspora africaine à la recherche de racines en Afrique, il semblait que les esclavages transocéaniques n’avaient pas affecté le territoire camerounais comme ils avaient affecté d’autres endroits en Afrique.

Plus choquant, dans tout le Cameroun, rien n’indiquait, dans les symboles comme dans le discours, que ces esclavages transocéaniques avaient réellement eu lieu. S’ils avaient eu lieu, pourquoi n’y avait-il pas de mémoriaux publics comme la maison des esclaves de l’île de Gorée au Sénégal ; les Donjons du château d’Elmina et de Cape Coast au Ghana ; ou le monument de la Porte sans retour au Bénin pour commémorer les atrocités du passé et reconnaître que des milliers et des milliers de personnes ont été dépouillées de leurs maisons et de leurs communautés et emmenées de force de manière trompeuse et brutalement inhumaine par l’esclavage transatlantique ? Commencer à essayer de comprendre d’où venaient les personnes d’ascendance camerounaise via l’ADN était, en effet, un bourbier. Il y avait un doute et un déni répandus que l’esclavage transatlantique avait eu lieu sur le territoire camerounais.

Comme il existe aujourd’hui une vaste descendance camerounaise post-esclavagiste connue, composée de descendants des Tikar, Bamiléké, Hausa, Fulani, Masa, Ewondo, Mafa, Kotoko, Bassa, Bakola, Mbo, etc., selon toute probabilité, leurs ancêtres avaient été les captifs involontaires et malheureux des esclavagistes Européens. D’où les questions brûlantes : « Où étaient les souvenirs de l’esclavage transatlantique au Cameroun et qui les détenait ? Pourquoi y avait-il un silence assourdissant ?

Les réactions au Cameroun en 2010 à la réalité que l’esclavage transatlantique avait ravagé le territoire camerounais pendant des siècles ont été mitigées. D’une part, il y avait la curiosité de certains, y compris des universitaires, qui souhaitaient en savoir plus sur la diaspora camerounaise post-esclavagiste et l’histoire du Cameroun relative à l’esclavage, qui avaient été peu, voire pas du tout, débattues de leur vivant. D’autre part, il y avait une gamme de réponses mêlées à des degrés divers de doutes sur l’esclavage transatlantique affectant le territoire camerounais. Ces réponses comprenaient le scepticisme, la suspicion, l’incrédulité, le déni et la défensive. Les réactions étaient similaires en ce sens qu’elles étaient toutes fondées sur le doute quant à la réalité de l’esclavage transatlantique. Au moins, cependant, le grand silence était rompu.

Bimbia Dévoileé éclaire et dissipe les doutes émis sur le récit de l’esclavage transatlantique à partir du Cameroun. Les quelques exemples ci-dessous parlent d’eux-mêmes. Ils font état de l’année du voyage du navire d’asservissement, le nom du navire, le nombre de déportés à bord du navire, et l’emplacement du navire lors de sa capture :

1826, Navire Invincible - 400 réduits en esclavage à bord, Cameroons River.

1828, Clementina - 156 réduits en esclavage, Cameroons River.

1828, Voadore - 0 réduit en esclavage à bord, Bimbia.

1828, Arcenia - 269 réduits en esclavage à bor, Cameroons River.

1828, Estrella do Mar - 0 réduit en esclavage à bord, Cameroons River.

1834, Pepita - 179 réduits en esclavage à bord, Cameroons River.

1844, Carlitos - 0 réduit en esclavage à bord, Bimbia Creek.


Lisa Aubrey





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